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12 December 2009

(Français) La Marche bénie par les descendants des Mayas (Guatémala) et par les Garifundas (Honduras)

Nous faisons l’expérience de phénomènes de “sychronicité” étonnants.
Alors que nous parcourons des centaines de kilomètres en autocar avec des retards énormes pour mille raisons, nous arrivons toujours sur les lieux des événements organisés pour la Marche Mondiale à la seconde même où un rituel de bénédictions commence, où nous devons prendre le micro, où la fanfare a juste fini de chauffer ses instruments. Malgré un agenda qui change de minute en minute, des imprévus et des actions spontanées, nos passages et nos marches dans les villes et les villages s’enchaînent avec une facilité étonnante. Ce qui m’impressionne, c’est que partout, absolument partout, des milliers de gens nous attendent, souvent depuis des heures et malgré nos retards, nous accueillent les bras ouverts. Visiblement, tous se mettent au service d’une cause qui les transcende, comme nous. Ce n’est pas les marcheurs qu’ils attendent, c’est un rendez-vous d’espoir avec l’Histoire.

Souvent, notre autocar s’arrête au milieu de nulle part, dans des villages isolés. En marchant avec nos banderoles en direction du lieu de la manifestation, nous nous demandons souvent ce que nous faisons dans ce coin perdu! Et puis tout à coup, au détour d’un chemin minuscule ou derrière un coin de maison, nous tombons sur une tribune bondée de monde, une estrade décorée comme pour une soirée de gala et notre arrivée soulève des hurlements de joie et d’enthousiasme! Cela me bouleverse chaque fois de constater que sur un lieu microscopique de la planète, oublié du monde, se fête en grandes pompes une valeur universelle partagée par tous, un évènement préparé depuis des mois par les populations et les autorités locales.

Par exemple, en route pour le Honduras, notre autocar s’est arrêté au bord de la route, dans un petit village vraisemblablement pauvre du Guatémala. Comme d’habitude, nous avions docilement obéi aux organisateurs pour nous rendre “je ne sais où”… Nous déambulions entre marchands de légumes, chiens errants et salons de coiffures désuets quand nous à coup, nous sommes arrivés au milieu d’un petit champ où un groupe de villageois s’était réunis en cercle pour nous accueillir. Sans plus attendre et comme par magie, un rituel maya s’est mise en place pour protéger notre équipe et apporter plein succès à notre action. Après nous avoir aspergé d’un jus rose mystérieux et parfumé, brassé un grand feu, le chef spirituel de cette communauté a pris le micro pour déclarer que “cette action mondiale pour la paix est annoncée depuis des milliers d’années dans les Ecritures mayas et qu’elle fait partie de l’une des grandes prophéties annoncée par les Anciens”. Ni plus ni moins… Bon, on va garder les pieds sur terre et on se calme… “Votre action est porteuse d’une belle énergie” a-t-il encore ajouté avant de nous séparer. “Grand Chef Maya a parlé”, moi y en a être rassurée…

Cette journée est importante car elle marque aussi la célébration “du diable” au cours de laquelle des millions de petits feux sont allumés avec des objets qui n’ont pas ou peu été utilisés pendant l’année. Mais quand je vois ce que les habitants jettent au feu, je me dit qu’ils doivent être bien pauvres pour n’avoir à se séparer que de leurs déchets ménagers ou de bouteilles en plastique vides.

La nuit est tombée sur le Guatemala et notre bus s’arrête une nouvelle fois. Nous sommes attendus depuis des heures par d’autres sympathisants qui, sur le bord de la route, nous offrent du chocolat chaud et nous invitent à danser. 15 minutes et nous devons déjà repartir car nous sommes attendus dans la capitale par d’autres! Arrivée à Guatemala City où, nous entreprenons tardivement notre xième marche de la journée. Je ne les compte plus! C’est la seule chose que je regrette: notre agenda est tellement chargé que notre marche devient un marathon et nous ne passons plus que quelques minutes avec nos hôtes qui ont préparé notre venue depuis longtemps pourtant…

A Guatemala City, un groupe d’enfants nous reçoit avec des banderoles sur le respect des droits de l’enfant. Ils étaient d’anciens enfants-esclaves pour le compte d’une fabrique de feu d’artifices. Beaucoup d’entre eux ont été grièvement brulés. Le Père italien Carlo Sansonetti a crée un ONG pour leur venir en aide et les aider à se réinsérer dans la société. Avec sa fondation, il récolte des donations en Europe pour assurer le développement de son projet social. Je ne peux que vous recommander cet homme qui m’a fait une forte impression… Voici le site de son association.

Nous avons fini cette journée intensive par former un signe de la paix avec des bougies. La dernière image que je retiendrai avant de m’écrouler sur mon lit ce soir-là, c’est le vent qui soufflait les chandelles les unes après les autres. Et les unes après les autres, il y avait un homme, une femme ou un enfant pour la rallumer, inlassablement. Tant qu’ils y aura des hommes pour allumer de petits flammes dans l’obscurité du monde, il y aura de l’espoir et de la vie…

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